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#MeTooGay, une vraie fausse bonne idée

Dernière mise à jour : mai 1

Viol, inceste, pédophilie, agressions, depuis quelque temps, les hashtags sont très à la mode pour attirer l’attention du monde extérieur sur des drames privés et les dénoncer sur la place publique. Jusqu’à l’apparition du hashtag #MeTooGay qui reprendrait à lui seul tous les malheurs de la planète qui pourraient êtres dirigés contre les gays, notamment les violences sexuelles. Mais cette pratique provenant des Etats-Unis et totalement copiée sur ce pays conservateur est-elle vraiment une bonne idée ? Et qu’est-ce que les gays peuvent-ils en retirer de bon ?



D’abord il faut comprendre pourquoi les États-Unis ont adopté ce procédé de dénonciation sur la place publique par l’intermédiaire de hashtags. C’est qu’aux États-Unis, le système pénal et judiciaire ne fonctionne pas du tout de la même manière qu’en France ou en Europe. Là-bas, la justice se transforme quais toujours en cause défendue au nom de la partie civile et ne sert qu’à obtenir des compensations financières pour al victime. Et souvent, il s’agit de gros montants, de sommes devenues véritablement colossales avec le temps… Du coup, plus on fait du bruit autour d’une cause, plus la drame est dénoncé aux oreilles de tous, plus la société civile est mobilisée et plus le montant des indemnisations grimpe en flèche, c’est tout bénéfice pour les victimes (voir l'affaire DSK contre Nafissatou Diallo).


Une démarche vaine et inutile pour obtenir justice


En France et en Europe, il n’en est rien. Le système ne fonctionne pas ainsi. Les causes ne sont pas défendues de cette façon. Dans nos pays, l’idée n’est pas de dédommager la victime, mais de punir le coupable. Notre justice est plus morale, moins vénale, et vise principalement à condamner la faute, à faire naître un sentiment de culpabilité, à dénoncer les mauvais agissements, à les réprimander et à empêcher qu’ils ne se reproduisent à l'avenir. Il ne s’agit pas d’argent à gagner pour les victimes, ni d’indemnités, de compensations à recevoir. Il n’est pas question d’y trouver un quelconque avantage financier*. On peut faire tout le bruit qu’on veut autour d’une victime, ça ne changera rien, elle n’y gagnera pas un euro de plus. L’inculpé ne sera pas jugé plus sévèrement pour autant car sa peine en dépend pas de la répercussion médiatique qui est faite autour de l’affaire, mais seulement de lois qui sont déjà écrites, qui ne fluctuent pas ou très peu et qui ne changeront pas selon les circonstance.


Une fois qu’on a ça en tête, on comprend pourquoi le système des hashtags est tellement pratique et utile aux Etats-Unis, car il sert avant tout à gagner de l’argent, et combien il est inutile, stérile et vain en France et en Europe car il ne changera absolument rien à la cause défendue et plaidée. Le recours aux hashtags dans nos pays ne sert qu’à faire du scandale, à brouiller les esprits et les perceptions, et à jeter des affaires privées dans le domaine public, ce qui est loin de garantir un climat sain et propice à une justice équitable. En gros, il n’y a donc aucun intérêt pour personne à dénoncer son drame sur la place publique, à part peut-être pour les médias et les réseaux sociaux qui en font des gorges chaudes et qui eux, en revanche, gagnent beaucoup d’argent avec des couvertures sensationnalistes, des gros titres à scandale et des entrevues juteuses.


Cette différence de système entre les États-Unis et la France est la première chose à avoir en tète lorsqu’on pense à l’utilisation des hashtags. Chez nous, les gagnants ne sont ni les victimes ni les causes, seulement les médias

. Est-ce vraiment cela que veulent tous les gens qui ont recours à de tels procédés ?


Un recours qui sert avant tout aux médias et aux réseaux sociaux


Deuxième point à prendre en considération, quelle est l’efficacité pour un plaignant de crier son mal être ou ses problèmes sur la place publique ? Est-ce qu’il va se sentir mieux pour autant comme certains le prétendent ? Son traumatisme va-t-il disparaître, sa santé va-t-elle s’améliorer ? Bien sûr que non ! Quand vous avez un cancer, vous pouvez monter au sommet d’une montagne et crier autant que vous voudrez que vous avez un cancer et que c’est une honte, ou que c’est injuste, que vous ne l’avez pas mérité et que vous êtes une victime, votre état ne va pas s’améliorer d’un pouce et votre cancer ne va pas régresser pour autant.


Quand on a un mal physique ou moral, on le soigne, on le combat par un traitement ou une thérapie, on ne va pas le crier sur les toits. Ceux qui prétendent que cela les soulage sont de fieffés menteurs et des gens malhonnêtes. Et d’ailleurs, s’ils sont tant convaincus de l’efficacité de leur procédé, on n’a qu’à les forcer à l’utiliser pour soigner tous leurs maux de cette façon et on verra bien s’ils acceptent de le faire. Tu as le covid ? Tu as un cancer ? Tu as le vih ? Va donc crier sur le sommet de la montagne et tu iras mieux… Pas sûr, tout à coup, qu’ils trouvent le deal si intéressant. Alors pourquoi le font-ils quand il s’agit d’une agression ?


Quand on va mal, la seule solution pour se soigner est de prendre le mal par les cornes, de le regarder en face et de chercher de vraies réponses à ses souffrances, soit par des traitements médicaux, soit par une démarche psychologique ou un soutien moral quelconque. Il n’y en a pas d’autres et il serait bon de le rappeler à tous ceux qui préfèrent passer par des hashtags.


Certaines personnes affirment que le principe des hashtags permet à la parole de se libérer. C’est un point qu’il est important de considérer car libérer la parole est en effet important, mais là encore, il faut bien comprendre ce que cela veut dire et ne pas se méprendre sur le sens profond de cette démarche. Reprenons l’image de la montagne. Si vous allez crier votre souffrance au sommet d’une montagne votre parole se libère, c’est vrai, mais elle se libère en vain, car cela ne vous servira à rien, c’est donc un acte totalement inutile. Ce qu’on entend en fait par libérer la parole, c’est s’adresser à des personnes compétentes et bien placées pour écouter cette parole qui vient de se libérer et en faire quelque chose. Ce n’est pas en parler à la France entière ou son concierge d’immeuble, car la France entière ne pourra pas vous entendre ni vous aider, encore moins votre concierge d’immeuble.


Ce qu’il faut faire quand on veut vraiment libérer la parole, c’est parler à la police, à un juge, à un psychologue, à un coach, à un travailleur social ou à toute personne qui sera en mesure de vous comprendre et de vous proposer une action adéquate et soulageante, mais pas à n’importe qui. Là encore, le principe du hashtag ne vous aidera en rien.


Transformer tout le monde en victime n’est pas la solution


Enfin, il y a un dernier point qui rend la démarche des hashtags totalement pernicieuse et vicieuse, c’est qu’elle transforme tout le monde en victime. C’est le principe de la victimisation à outrance, de la victimisation généralisée. L’idée du MeToo est de mettre tout le monde au même niveau, sur le même plan, un plan unique, toujours le même, et ce plan est celui de la victime. Tous victimes ! Tous à plaindre ! Que ce soit les femmes, les hommes, les gays, les enfants, les vieux, les patrons, les employés, on est tous victimes ! Mais où va-t-on comme ça ? L’idée n’est pas de nier la souffrance, bien sûr que non, mais en même temps la voir partout est une erreur. Comme le disait Yann Moix il y a quelque temps au sujet du covid, « si vous ne voulez pas prendre de risques, vous n’aviez qu’à ne pas naître », ce qu’on pourrait paraphraser également en disant, "si vous n’acceptez pas de souffrir, il ne fallait pas accepter de naître".


Avant de vous prendre pour une victime, il a fallu qu'une pensée invisible et punitive fasse de vous une victime. Laissez les pensées punitives là où vous les trouvez et vous n'éprouverez pas le besoin de blâmer quelqu'un d'autre pour le sentiment que vous vous êtes imposé. - Guy Finley, "Les Clés pour lâcher prise", p. 78

La souffrance fait partie de la vie, être victime fait partie de la vie, c’est dans l’ordre des choses, c’est le seul moyen d’apprendre et de progresser, si vous ne voulez jamais être victime vous ne pouvez pas progresser, ça ne sert à rien de se plaindre éternellement car ce serait refuser la vie et refuser de grandir. Certains drames particulièrement violents ou exceptionnels méritent une attention particulière, mais le monde ne peut pas s’arrêter de tourner chaque fois que vous avez un bobo ou que ça ne se passe pas comme vous le voulez. Penses-y la prochaine fois que vous voudrez utiliser un hashtag ! On vous a fait mal ? Vous avez manqué d’amour ? On a abusé de votre innocence ? C’est tout à fait déplorable en effet mais c’est ce qui s’appelle vivre, vous ne pouvez pas accuser la terre entière à chaque fois, voir tous les autres comme des bourreaux et demander réparation pour tout. Ce serait un cycle infernal. Seuls les avocats et les médias ont intérêt à transformer votre vision du monde de cette façon, mais vous, vous n’y gagnerez rien.


Un système nocif et une vision négative pour l’estime de soi


Au-delà de ramener tout le monde à un même et unique statut commun à tous, le processus de la victimisation à outrance a une autre conséquence dévastatrice, c’est qu’il finit par endommager gravement sa propre estime de soi. C’est un système totalement nocif et négatif. Quelle image peut on avoir de soi-même lorsqu’on se voit comme une éternelle victime, un éternel défouloir de la violence ou de l’injustice des autres ? Est-ce seulement possible de vivre dans de telles conditions ? Est-ce seulement soutenable à long terme ? Quand on se voit comme un déchet humain, notre vie finit par ressembler à celle d’un déchet. Il est beaucoup plus payant de redresser la tête, de faire appel aux force que l’on a en soi pour s’en sortir et pour faire face, que de se voir comme une défaite permanente, un être foulé aux pieds par les autres et par les événements.


La victimisation est un véritable cancer qui finit par prendre possession de tout le monde à l’heure actuelle. Tout le monde réclame justice pour sa vie ou plutôt pour les épreuves de sa vie. Tout le monde se voit victime de quelque chose ou de quelqu’un. Jusqu’à l’écœurement, la nausée. Victime de ses parents, de ses frères et sœurs, de ses collègues de son patron, de l’État, de ses ex, ça n’en finit plus. Là encore, il faut savoir garder raison et faire la part des choses. On peut être victime, cela existe et cela doit être considéré, mais on ne peut pas être une victime constante et permanente, on ne peut pas être victime de tout tout le temps, de n’importe quoi, et l’accumulation de ces hashtags ne fait que donner l’impression que tout le monde est victime aujourd’hui. Où est passée la grandeur de l’homme ? Où est passée la résilience ? Comment l’homme va-t-il trouver la force et le courage de continuer à vivre dignement s’il se voit en permanence comme un déchet de l’humanité ?


La souffrance, l’injustice, la violence font partie de la vie, mais il n’est pas vrai d’affirmer que nous sommes tous victimes, du moins pas tous au même niveau, il y a d’innombrables façons de ressentir les injustices dans son corps et dans son âme, d’innombrables façons de faire face, de trouver du soutien et de trouver le moyen d’aller mieux, les hashtags et les cris sur la place publique n’aident en rien et ne sont en aucun cas le début d’une solution. Seule une démarche personnelle, sincère et intègre permet de prendre le chemin du soulagement et du mieux être.


La solution se trouve toujours en privé avec un accompagnement individuel


Les récents exemples de #MeTooGay qu’on a vu apparaître dans la presse et les réseaux sociaux récemment n’ont rien apporté de bon ni à aux causes ni à aux victimes qu’ils étaient censés défendre. Ils n’ont rien réglé et n’ont en rien empêché de nouveaux cas de violence, de pédophilie ou d’inceste. Il s’est agi chaque fois de démarches plus ou moins calomnieuses dont l’objectif était clairement soit de nuire à la réputation de personnes en vue, soit de gagner de l’argent d’une manière facile, rapide et peu glorieuse. Il est difficile de soutenir et d’approuver de tels procédés ou de leur trouver la moindre éthique. Les dénonciations qui ont eu lieu ont à chaque fois permis à la presse de s’enrichir et aux médias de produire en masse des titres sensationnalistes ou des unes à scandale, mais il n’en est rien ressorti de bon pour personne et la justice n’a pas pu progresser d’un pouce. Rien ne s’est amélioré. En revanche, une chose est sûre, une fois le bruit du scandale passé, les protagonistes de ces affaires vont rester meurtris pour toujours, encore plus qu’ils ne l’étaient avant que le scandale n’éclate, et rien, absolument rien, ne sera réglé pour eux, tout le travail de reconstruction restera encore à faire.


Au rappel de ces quelques énoncés, il apparaît clairement que le recours aux hashtags, à la médiatisation ou à la vindicte publique est une vraie fausse bonne idée. Il existe une panoplie d’autres façons de régler ses problèmes sans perdre son temps à aller crier au sommet d’une montagne. Les professionnels de la santé, les psychologues, les éducateurs, les travailleurs sociaux, les coachs de vie sont là pour aider les victimes, les écouter, les accompagner et leur proposer des outils pour aller mieux. C’est uniquement dans ce genre de démarche qu’une personne peut trouver son salut et sortir de son statut de victime. Et nulle part ailleurs.


Et toi, comment te sens-tu ? Tu veux en parler ? Tu veux être aidé ? Réserve ta première consultation en ligne et fais dès aujourd'hui ton premier pas vers un mieux être rapide et durable.


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*Dans la récente affaire du meurtre d’Alexia Daval par son mari Jonathan, les parents ont cru qu’ils étaient aux États-Unis et ont demandé une indemnisation de 360 000 € provocant l’indignation de la justice et du public car en France on n’indemnise pas les victimes, on punit les coupables, c’est tout.





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